Plus qu’un vœu…

Tes yeux se troublent face à moi,

Mes vœux te doublent en ton émoi ;

Regarde mieux avec ton cœur,

De nouveaux lieux offrent leurs couleurs.

Regarde mieux avec ton âme,

Avec ce même feu que tu portes sur les femmes.

Regarde mieux, en fermant les yeux,

Attends un peu et tu verras mieux.

Respire mieux avec ton cœur,

De nouveaux lieux offrent leurs odeurs.

Respire mieux avec ton âme

Du même vent qui transporte ta flamme.

Respire mieux, en expirant tes vœux,

Attends un peu et tu verras bien.

 

Tes yeux se troublent en ton émoi,

Mes vœux s’essoufflent face à toi.

Ecoute mieux avec ton cœur,

De nouveaux lieux offrent leurs bonheurs.

Ecoute mieux avec ton âme

La douce musique entonnée par la Dame.

Ecoute mieux le vent des Cieux,

Attends un peu et t’entendras mieux.

Résiste mieux avec ton cœur

A tous ceux qui prêchent le malheur.

Résiste mieux avec ton âme

Avec ce même ton qui te porte au calme.

Résiste mieux et chante tes aveux,

Attends un peu et tu vivras mieux.

La langue de Babel

La langue de Babel

La langue de Babel

Occupe l’espace ;

J’entends le sourd appel

De la transcendance.

Derrière les mots,

Le sens dissimulé ;

Chimères d’un étau

Que l’on peut dépasser.

Les yeux échangent

Mieux que le verbe.

L’aveu de nos anges

Condamne l’acerbe.

Un langage de sourds

Mène les paroles ;

Silence de l’amour,

Son de paraboles.

Elle

Elle

Elle m’apparût telle une forteresse,

Recelant au sein de ses pierres toutes

Les sortes de mystères, à jamais enlacés

En un labyrinthe de doutes et routes.

Elle m’apparût telle une maîtresse,

M’enseignant par ses voies le ton d’un art nouveau ;

Dessinant dans ses traits sa grise détresse

Et couvant sous ses toits le feu d’un renouveau.

Elle m’apparût, dans ma grande paresse,

Comme la source de mes agitations ;

Reine du dément m’offre sa liesse,

Mais souvent empêche la concentration.

Elle m’apparût telle cette Déesse,

Qui ouvre les portes de tous les délices.

La tendre se fait belle, puis nous berce

En effaçant l’ombre de nos vains supplices.

Elle m’apparût tel un immense espace

Où la vie toujours cohabite avec la mort ;

Je me perds en elle, ville aux mille impasses,

Avant de fuir aux ruelles de trésors.

Prince sans terre

Prince sans terre

Je suis un Prince sans terre

Et mon royaume n’a pas de nom ;

Il s’imprime dans tout l’univers

Et tantôt habite mes visions.

Je n’ai pas de peuple, pas de loi

Et mon royaume est immense ;

Il accueille toutes sortes de pas

Dans une étonnante danse.

Je n’ai pas non plus de Roi

Et mon royaume m’étonne ;

Il offre à tous ses droits,

Mais interdit l’accès au trône.

Mes pairs et moi gardons le sceau

Du royaume chimérique,

Il entraîne toute goutte d’eau

Dans une mer sage et unique.

La magie mère

La magie mère

Fier esprit aux larmes fragiles,

Maigre soucis des charmes habiles ;

Une douce musique sonne en des

Airs de saisons aux teintes variées.

Trouble entêtant de l’assurance,

Peur de perdre le faible cocon

De l’esprit voué à la transe,

D’une vie pleine de moissons.

Le vin tiède d’Automne

Nous réchauffe bien le coeur,

Mais ses fruits monotones

Ne peuvent suffire au bonheur.

Un hiver dans les cœurs gèle nos horizons ;

L’éther des frayeurs scelle les passions.

Ames engourdies par le froid de leurs vies,

Soleil de l’esprit par la neige compromis.

Le rappel à l’ordre des saisons,

Quand l’esprit gèle dans le froid ;

Bientôt se fond en moissons,

Quand le soleil montre ses voies.

Un astre si profond en mon cœur

Illumine mes vers de printemps;

Tant de lumières et de couleurs

Jonchent le parcours des survivants.

Le soleil n’a de raison que chaleur,

Transportant ses chimères dans le temps;

Faisant éclore les fleurs du bonheur,

Brûlant enfin les chaînes des amants.

L’été et ses lueurs transpirent du tableau,

La fée des éclaireurs délivre enfin son eau.

La chaleur des folies se mélange aux flocons,

La candeur des envies s’étiole en prison.

Fonte du marbre des ententes contentées ;

La fente du sabre de l’amante enjouée

Perce nos cœurs de sa musique légère

Et nous berce dans la folle magie mère.

Doux aveux

Doux aveux

J’habite une contré qui m’intrigue, là où l’innocence a perdu sa place. Cette valeur tant répandue est devenue menace. Monde de méfiance où chacun se juge ; sous ma chair de défiance, mes veines s’insurgent. L’ambition mène les dérisoires au mal-être et les passions se décorent de paraître. Une compétition sans vainqueur s’est engagée en cette contrée, dans laquelle s’efface l’honneur. Mes visions semblent déplacées au sein d’un peuple perdu à rebours. Les horizons tremblent sous les appels au secours.

Parfois me passe l’envie de comprendre ; tout est si simple quand on aime… Je ne parle pas seulement de l’amour pour les femmes, ni même pour une femme, mais d’un amour pour la vie entière. La haine transpire sans doute par moments de mes pensées, mais je refuse de la tromper. Elle est sincère et seul l’amour la motive. Fort heureusement, un Univers est solidement construit dans ma tête ; inconsciemment j’y ais chassé toute pensée funeste. Alors il me plaît et je l’aime ; il est à moi et je le sème.

Dans ma contrée, il semble souvent insignifiant et d’absurdes vérités brisent cet aimant. Il m’attire pourtant tellement que je ne veux plus lui résister. Je m’enivre de ce vent de bonté et les sourires savent me rencontrer. J’ose me dévoiler quitte à paraître fou ou stupide. J’ose me condamner à comparaître au tribunal des insipides. Je suis un grand naïf et je voudrais tant que ma contrée ressemble à l’univers de mon esprit. Pour cela je suis fautif, car il est évident que l’ensemble de mes pairs est en vie.

Je n’ai pas à juger, je n’ai rien à dire et pourtant, il m’est impossible de me taire. Mon cœur brûle, mes veines bouillonnent et ces flammes sont bien celles d’un enfer. Celui que les Hommes ont construit dans leur démesure, là où seul leur ego les rassure encore un peu. Mais bon sang, j’ai dans ma tête un paradis et chacun le rêve à sa manière. Peut-être est-ce celui de la folie, mais il sait au moins me satisfaire. Alors j’étale sur papier ma rancœur, je ravale ma nausée et crache mon honneur. Je ne suis rien, voila tout, mais j’en suis fier.

Fier, terriblement fier de n’avoir qu’à regarder les étoiles pour me sentir si petit. Fier, terriblement fier, que l’Histoire ne gonfle mes voiles pour maudire autrui. Je ne suis qu’un Homme et mes sens parfois dérangent mes pensées, mais j’assume les limites de mon acuité. Je ne comprendrais jamais tout, mais puis-je ne pas oublier l’essentiel. Nous sommes tous dans un trou et si désireux de nous porter au Ciel. Alors nombreux comblent leurs aspirations par d’obscures passions. Certains dans la domination rassurent leurs ambitions, les malheureux. D’autres baissent les bras et acceptent le joug de leurs bourreaux. Puissent-ils presser le pas et ne pas moisir dans un étau.

Qu’ils soient dominants ou dominés, puissent-ils se libérer des fers de leurs envies, puissent-ils réaliser qu’ils sont frères dans le même ennui. Celui de la vie qui pose ses questions et masque nos réponses. Celui de la mort qui vient sans raison et traque l’espérance. Et pourtant, la mort aussi je l’aime, car la fin est pour tous la même. Mais dans ma contrée, cette simple réponse ne suffit pas à convaincre les Hommes de leur égalité.

Alors j’espère, je m’exprime et transpire ce qui m’anime. J’habite une contrée qui parfois me lasse, mais connais une vallée qui la surpasse. Nous sommes nombreux à nous y rendre et tous désireux de la répandre. Qui aime se suive lui-même sur les chemins tortueux qui mènent aux doux aveux…

Une Belle

Une Belle

Quand je la regarde,

Le monde m’échappe ;

Sa douceur enfantine

Chasse mes envies assassines.

N’avez-vous donc jamais connu

De femmes dans vos plaines ?

Toutes vos morts incongrues

Dérangent notre Reine.

N’avez-vous donc jamais voulu

De candeur en vos pays ?

Votre raison prétendue

Tue les humbles de la vie.

N’avez-vous donc jamais aperçu

Les richesses qui se cachent ?

Celles qui ne quittent plus

Celui qui les approche.

N’avez-vous jamais entendu

Le savoureux chant de la mer ?

Seule la chanson du vécu

Irrigue toujours les déserts.

N’avez-vous donc jamais couru

Sur les landes du temps ?

Tant de souvenirs perdus

S’écoutent dans le vent.

Quand je vous regarde,

La douceur m’échappe ;

La douleur m’assassine,

Pourtant le pardon s’imagine.

Je ferme les yeux

Et la regarde ;

Je traîne mes vœux

Puis m’évade…

Enfin…