Libération

Libération progressive de l’éphémère,
Les peurs se diffusent en volutes vulgaires.
Confiance en l’instant, éternité,
Confiance de l’enfant éveillé.
Le futur n’existe pas,
Quelqu’un aurait-il oublié ?
Cueilleur chaque moment
Comme si c’était le dernier.
Saluer l’Ego, le laisser derrière soi
Pour embrasser le Soi.
Chaleureuse demeure des âmes,
Virevoltantes rumeurs au-delà de la toile.
Araignées subtiles maillent le visible
Et étouffent nos recours à l’indicible.
Leur poison s’infuse dans les veines de sapiens :
Toiles de matière et d’informations,
Tendance à la centralisation.
Veuve noire tue les Hommes qui la fécondent
De leur entrain et leur créativité,
De leurs peurs et leur insatiété.
La faim de matière éphémère
Donne consistance au poison
Mais nos envols vont bien au-delà de ces pièges.
Il n’est pas de limite à l’infini.
Seul l’arrogant et le feignant
Peuvent se contenter d’un illusoire cocon.
Ainsi se répand le poison
Plutôt que l’espérance,
Le cynisme plutôt que la Joie,
La souffrance et non la Grâce.

ML (2017)

Survivre ou Exister

Prolonger le chemin quoi qu’il en coûte,
Renouveler l’expérience fondatrice,
Quitter la matrice des illusions
Et des répétitions hypnotiques.
Parfois le souffle généreux de la conscience
Suffit à nous extraire en douceur du bourbier,
D’autres fois on patauge dans l’impuissance,
Et ses marais de paresse et de médiocrité.
Quelle honte d’ainsi gâcher
Le temps offert à nos ententes.
Travaux de forçat sans queue ni tête
Aggravent les pesanteurs de l’époque.
On survit plus qu’on ne vit vraiment,
On oublie la tendresse du vivant.

ML (2016)

Une Seconde

Rendre grâce à la seconde vécue,

A chaque gorgée de Vie avalée avec délice.

Rendre grâce à la douce beauté du printemps,

Au renouveau chanté au présent.

A chaque saison, les bourgeons nous surprennent

De leurs prompts surgissements.

D’un coup les couleurs habillent les arbres,

Les plaines et même les villes.

Rendre grâce à la seconde passée

A respirer la Vie en toute sa profondeur,

A contempler les cimes des futurs,

L’enfance et l’innocence de l’humanité,

La chute dans l’ignorance et la vanité.

Chaque science n’a de sens qu’avec humilité

Ne laissant pas les points limiter nos questions.

La Source ne demande qu’à combler nos déroutes

De sa Grâce et de ses Vérités.

Rendre grâce à la seconde transportée

Par-delà les conventions, respiration…

Rendre grâce à la seconde réalisée,

Vécue en toute entièreté,

Parfois même imaginée,

Bien plus réelle que nos vanités.

L’imagination est le don de l’espèce,

La sagesse et l’espoir de son devenir.

Ecouter plutôt que d’ajouter à la confusion.

Parler avec inspiration, à l’écoute du Soi.

Chacun est enfant de l’Unique,

Invité chaque seconde sur sa Voie.

 

ML (2016)

A l’Instant

Chacun envoyé par la vie en cet instant.

Chacun invité à vivre les rumeurs du temps.

En un élan s’émerveillent les sens de la Présence.

En un leurre se limite l’essence par l’inconscience.

Tout est symbole, potentiel d’action à l’instant.

Exorciser les limites des aimants

Physiques, psychiques ou familiaux,

Tant de couleurs à nos étaux.

Pourtant, nous sommes bien plus

Qu’une simple combinaison d’atomes.

Imagination dévoile le Réel au sein de la grande illusion.

Perceptions qui ouvrent à la cervelle d’autres dimensions.

Ici, la Joie se moque de nos paresses,

La foi nous libère de la tristesse :

Pas une foi dans le potentiel,

Mais l’expérience de l’inactuel.

Pourquoi attendre la mort

Pour accomplir le réveil de notre Or ?

Libérons les dragons des autres mondes,

Observons le superflu, les ombres crues de nos démons.

Laissons-nous traverser par l’accompli,

Par les bourgeonnements de la Vie,

Soyons le terreau de toutes les magies,

Visibles ou invisibles, inspirées et invincibles.

ML (2016)

Mémoires de l’Instant

Mon amour déferle dans les âmes révoltées.

Je vous en prie, saisissez-vous de la piété

Qui croise vos pas dans l’abîme,

Qui inspire vos choix dans l’infime.

Je vous en prie, soyez votre propre apôtre,

Soyez la voix qui pardonne les fautes.

 

Nous ne sommes que des hommes et devons le rester,

Servir la vie avec humilité, malgré les erreurs,

Sertir nos esprits d’amour et non de frayeurs.

Les âmes dures et fragiles dans la même galère,

Écorchés et endormis dans le même mirage.

 

Brûlons les fantômes et brillons sans attendre.

Dans les ténèbres qui m’entourent,

Je brandis mon sabre d’amour et de lumière

Pour irradier le néant qui me sépare de mes frères.

Sans idée, ni idéaux, mais libéré de l’ego:

Embrasser la flamme de la vie,

Ne faire qu’un avec l’esprit de la matière,

Ne faire qu’un avec l’univers.

Embrasser nos vies avec envie

Pour que jaillisse l’espoir sans limite.

 

La mémoire lointaine de l’espèce n’est pas perdue,

Mais bien trop l’ont perdu de vue.

Entretenue par les sanglots et les égos;

La lave des désespoirs à fusionné tant d’années.

Elle peut désormais jaillir en flammes d’espoir,

En feux de joie qui s’épanouissent par nord et par sud.

L’élan est lancé, depuis toujours,

Le temps s’élance à rebours.

En suspens, au rythme de fréquences maternelles,

Résonnent les vagues de la conscience éternelle.

Le Songe

Un ange insistant  me rappelle à un songe incessant:

Le songe des anciens sans cesse répété dans l’éveil de l’éternité.

Sagesse essentielle ressassée dans le sillage des aimants,

La source déverse son flot de paresseuses essences,

Qui assouvissent la soif des égarés en souffrance dans le temps.

Sans surprise, au delà des apparences de sciences serviles,

Les saphirs de la joie scintillent dans les sourires inspirés.

A l’unisson des vents de la chance et de la délivrance

Fleurissent les semences dispensées par l’espérance.

Les leçons de l’amour nourrissent le songe de fables sans âge

Et soufflent sur nos âmes les vents souples de la conscience.

Avec patience les cycles se succèdent et les hydres succombent;

Par chance les cimes nous précèdent et fécondent nos sens

De sons et de senteurs qui rappellent les plus soudains souvenirs:

Toutes ces recettes de l’instant qui invitent à de plus sûrs avenirs.

Au loin, les sciences techniciennes soumettent les sens au sommeil,

Mais le songe s’interpose aussitôt pour briser les certitudes vaines,

Et sans cesse éveiller et révéler notre essence aux grâces de la vie.

Disciple de la matière

Je suis un disciple de la matière, un enfant de l’univers,

Qui tend à l’équilibre en toute relation et toute émotion:

Dans toutes ses formes, à tout endroit et à tout instant

Entre les lignes du grand mouvement.

Sans tout connaître, je sais qu’il est une voie

Dont rien ne peux me détourner.

Je ne saurais vraiment la décrire dans ses détours,

Mais je sais reconnaître de loin ses atours.

J’ai toujours cherché les lumières sur mon parcours:

Celles de la chaleur, de l’amour et de l’ivresse,

De l’envie d’un toujours épri de sagesse.

Dans une une courbe embrasser la curiosité, l’imagination et la piété.

Dans une impasse tromper l’ennui et cultiver ses sorties;

Faire face à la mort, briser les décors et s’offrir sa propre vie.

Dans les croisements, prendre le temps de s’arrêter,

De penser, digérer les moments jusqu’à sentir la terre trembler.

Maintenant, tout de suite, et pour toujours:

L’apocalypse est quotidienne

Sur les chemins de la révélation;

L’escalade sous tension pour délivrer

La conscience permanente d’échapper au néant.

On ne sait jamais à quel moment survient la mère,

Mais attention à bien nourrir les messages de la terre.

L’harmonie est une musique dissonante

Aux résonances propres à chaque solitude.

La vérité est la paisible brume transparente

Qui chante l’équilibre dans le chaos des habitudes.

Elle est source de l’esprit, source de la vie,

Qui désaltère les passions et cure les poisons.

Nous sommes le peuple des aveugles avertis

Qui avance à tâtons pour recouvrir la vue.

Chacun devrait être à son propre conte,

En amour avec sa propre histoire.

Si vous ne comprenez pas le pouvoir des pensées,

Ne vous étonnez plus de vivre un cauchemar.