Aimer Jusqu’à Naître

Qui voit ce qui se passe actuellement ?

Est-ce que je le vois vraiment ?

Elancé en mes songes, mes strophes,

Quelle est mon accroche ?

Le réel, certes, mais lequel ?

Mon imaginaire se teinte d’éternel

Pour percer les mystères des querelles.

Qui boit à la Source de nos devenirs ?

Les aveugles assoiffés parlent tout le temps

Il faut se méfier de ces aimants trop bruyants.

Ils attirent les âmes sur l’évidence irréelle,

Brûlant nos ailes, détournant nos flammes

De l’éternel combustible :

Le bois dont nous sommes faits,

La voix préalable à nos faits et gestes,

Le silence, l’origine, la source de nos rimes.

Qui la voit actuellement ?

Sommes-nous libres de l’aimant ?

Nous qui parlons au-delà des vents,

Nous qui partageons l’élan du temps,

Saurons-nous aimer jusqu’à naître

Et vivre jusqu’à ne plus mourir ?

ML (2015)

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Epoque Etrange

Quelle époque étrange,

Où il est si facile de freiner

Les élans les plus sincères

De nos destinées.

Vivre l’instinct, à l’instant ;

Nous ne savons rien,

A peine vivons nous par moment.

Trop de certitudes et d’images,

D’histoires qui nous mettent en cage.

Déconstruire les frêles assemblages

Qui gouvernent nos trajectoires.

Faire le choix de l’ignorance,

Humilité nécessaire à la connaissance,

A l’alchimie du grand Tout.

Chacun, questions en réflexions,

En suspension sur le fil des actions.

 

Quelle époque étrange,

Où la mort se tient à portée

De nos ententes malades,

En mal de Vérité,

De vacuité, d’espace, d’émotions

Qui s’enlacent en paix symphoniques.

 

Quelle époque étrange

Où l’on met l’Amour en rayons

Sur des étagères de définitions barbares,

De concepts disséquant le Néant.

L’Amour est plus vaste que les éléments.

Le chimiste manque ce que l’alchimiste

Vit en théorème d’existence.

La ligne de présence,

Qui rénove les sciences, les silences,

A la mesure des besoins de l’espèce.

Présence rugissant en silence,

Rage sincère de l’espérance.

 

Mettre en lumière le génie

Qui transcende les démons,

Mettre en lumière les promesses de la source.

Non, pas des promesses,

L’expérience de ces vents inspirés.

L’essence d’une chaleur qu’on ne peut dompter.

Prendre le temps, dire merci,

Viser à l’harmonie pour élancer les perspectives

En un profond mouvement intérieur.

S’imprégner de lumière, d’amour, de silence,

Et prendre son temps…

Les profondeurs appellent des choix sans horloge,

Sans éloges, sans personne pour regarder.

Seul, Témoin, sans masque face à face,

Libérer la Beauté, l’élan de vie.

 

L’Amour, la rage, la Vie,

Une trinité pour cette époque étrange.

L’Amour avant tout, avec Tout ;

La rage pour écraser les démons de l’éveil,

Et la vie, car la source veille à nos bourgeonnements.

L’Amour, la rage, la Vie ;

La reconnaissance, le partage, l’Esprit…

Blablabla, des mots…

Qu’as-tu en ton Esprit ?

Je ne sais si j’écris pour moi, pour toi…

Sûrement pour Nous, mais pourquoi ?…

Chacun son idée pour vivre l’élan de l’expérience,

Chacun ses vérités accordées à la Source des silences.

Quelle époque étrange,

Si sourde au silence…

Pulsions de l’Espèce

Vivre l’expression de vies

En dimensions multiples et complices.

Les chemins enlacés de l’existant,

Qui se déploient à chaque flanc de montagne.

Gravir les crevasses qui se proposent,

Transcender les impasses ;

Embrasser l’immobile qui s’impose

En toutes choses.

Au-delà et si près, en profondeur…

En arpège sur les cordes quantiques de l’existence,

En transe dans l’inexplicable danse

Des rêves agrégés sur les landes des ressentis,

Des vécus qui se dessinent sur les toiles des apprentis.

Couleurs vives de l’instant, Grâce instantanée,

Image dévoilée.

Couleurs vives à chaque instant,

Qui tremblent à la mesure des éléments,

Des évènements ponctuant l’expérience,

L’Odyssée de l’espèce…

 

Sur les falaises de la destruction,

Annihilation auto-immune de l’équilibre,

Etranges ombres qui me dérangent.

En nos cœurs, tout n’est qu’ordre et beauté…

Tremblements, terreurs de la matière !

Tremblements, aigreurs de notre ère…

Manque d’air, on finit par étouffer

Sous le pilon de la technicité administrée,

Robotisée, rationalisée, impressions mensongères…

Tremblements, vigueur de nos origines,

Lointaines et si proches,

Comme un couplet de reproches

Pour nous engager à l’éveil,

Au dépassement du même.

Mime nécessaire à l’apprentissage,

Divergence salutaire pour vivre les présages.

 

Libre-arbitre magique,

Destinées tragiques, non maîtrisées,

Contrôlées par les pulsions de l’espèce…

Tous sous contrôle,

A chacun le premier rôle face aux démons…

Lutte dans une fable, le réel…

Lutte insaisissable dans l’éternel.

Conciliation sans compromission,

Pardon sans oubli,

Voir et dire merci.

Hammer

Où est le marteau

Qui défonce les attendus ?

Qui brise les aperçus ?

Qui force les portes de l’inconnu ?

 

Il me faut un marteau,

Même petit,

Je me moque des avis.

Mais je frappe ma chanson

A répétition,

Je frappe et m’entête,

Enfonce mon rêve dans ma tête,

Brise ma carcasse,

Le carcan qui m’enlace.

 

Saint marteau, brise nos étaux !

Et brise les saints avec,

Emmène tout le monde dans la brèche

Que ton poing aura percé.

On est tous de mèche

Dans l’étrange histoire de l’espèce…

 

Où est le marteau

Qui nourrit le terreau

De nos vies miraculeuses ?

Où est le marteau

Qui brise la routine et les machines ?

Qui sublime les épines ?

 

Il me faut un marteau,

Même un marteau de vent.

Un qui jamais ne ment.

Un poing de velours,

Percussion de l’amour.

Je tape et m’entête,

Dissimule ma tête

En un coin d’espace-temps,

En un coin où chantent les vents,

Où tremblent les éléments…

Là où il n’est plus besoin de marteau…

 

Je frappe et m’entête,

Mais c’est en vain…

Sans le soutien de l’origine –

Tremblements… –

Qui brise les mimes

De sa Grâce enjouée.

Il me faut du vent, de l’écho,

Pour transformer les vécus,

Faire trembler les aperçus,

Percer la brèche attendue…