Atlantide

Comme l’écume profonde d’une mer fantôme,
L’étude de l’onde féconde nos atomes.
Dans l’infinitésimal se dessine le futur,
Chaque cellule en selle pour l’aventure.
Embruns des dieux de l’ancien monde,
Le nouveau tarde à jaillir de l’immonde.
Mes larmes ruissellent en vagues d’étoiles
Sur le firmament voilé de l’étrange toile.
Tissée touche par touche
Par la nécessité et les passions,
Les hasards et les visions,
Les créations et les révélations,
En un même mouvement.
Humilité cueillie à la source du vivant,
Conscience apprenante dans les vents.
Orages, brumes, et éclaircies,
La claire vision s’impose sous la pluie.
Simple, sereine, elle nourrit la terre.
Subtile, furieuse, elle noie l’éphémère.
Atlantide à portée d’inconscience,
Les échos du mythe planent sur la nature.
Évolution à portée de conscience,
Par nos songes et nos choix se tissent les futurs.

ML (2018)

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Chantons l’Effondrement

Chantons l’effondrement, s’il le faut pour le penser.
Nos consciences doivent faire front face à l’abime,
Pour chasser le démon arrogant de l’hybris
Et relever un défi qui nous dépasse.
La survie de l’espèce comme pari,
Prolonger l’élan issu de l’infini.
La diversité est la clé de l’équilibre.
L’uniformisation et la centralisation extrême
Couronnent notre fragilité et dessinent nos impasses.

Chantons l’effondrement, car nous sommes vivants.
Nous émergeons du Néant, en éveil à chaque instant.
Comment faire face ?
Comment changer le cours de ces torrents
Qui emportent l’espèce vers sa chute ?
Où trouver le point de rupture, le point d’équilibre ?
Comment renouer avec le futur, le rendre possible ?
Nous sommes englués dans un cocon subtil,
Que l’on recrée après chaque éclosion,
Dans l’attente de la prochaine évolution :
Toujours plus fine et complète,
Nourrie à l’humus des âges et des passions.

Chantons l’effondrement, tant qu’il est encore temps.
Des vents mauvais soufflent à l’horizon leur amertume.
La tempête tonne aux quatre vents,
Et nos frères souffrent sur tous les continents.
Chantons l’effondrement d’un monde injuste,
Dans l’espoir d’un présent digne de nos plus beaux futurs.
Chantons l’effondrement avec mesure,
Dans l’esprit de la Vie qui navigue entre ordre et entropie.

ML (2018)

Le Futur Est

Respiration vers le futur,
Expansion des possibles.
En vue la Nature
A embrasser de toutes nos fibres.
Transcender l’essence,
Combiner les matières.
En équilibre, tisser
Des toiles d’harmonie
Entre l’humain et l’animal,
Le végétal, le minéral,
Et ce qui vient…
Intégrer pour embrasser l’évolution,
L’appeler avec attention,
Centré sur l’instant, excentré, décentré,
Soi est le centre sans lieu,
Le centre qui n’en est pas un,
Partout et nulle part, en Soi,
Pas de vrai ni de faux départ.
Passé, présent et futur dans le même mouvement,
C’est tout et rien en même temps,
C’est simplement…
Le futur est…

ML (2018)

Les Devises pour Devise

Libres d’être conditionnés,
De choisir entre A et B.
Libres d’oublier
Les chaînes dérisoires
Qui entravent notre marche funèbre.
Idéal inachevé d’une liberté essoufflée,
Subvertie en ses symboles,
De même qu’en nos aspirations.
Libres de dominer autrui
Pour s’acheter l’inutile de dernier cri.
Libres de produire des monstres
Qui enveniment les esprits :
Rapaces à l’affût de la moindre peur,
A l’écoute des frustrations,
Fervents guerriers de l’ignorance.
Libres de nous soumettre
A la raison et aux passions
Par un même aveuglement,
Au lieu de les sublimer
Par la mission de l’âme,
Par la chanson des profondeurs,
Le hurlement qui traverse la matière,
Animant les dessous de nos destins.

Tous égaux face à l’abîme,
Tous égaux sur les cimes de la conscience.
Dans la boue comme sur les sommets,
On voit la même chose.
Mais il ne faudrait pas respirer la boue,
Pas plus que l’on cherche à planter l’amour
Sur les pointes solitaires.
On reçoit sur les hauteurs
Ce que l’on diffuse dans le limon de l’existence.
Tous égaux, mais si différents.
Penser l’équilibre implique l’équité,
L’égalité n’est pas faite pour la contrée des multiples.
Seul l’effacement dans l’Un produit l’improbable miracle.
Tous inégaux et magnifiques,
Expressions uniques au service de la Vie.
Savoir en reconnaître les messages,
Percevoir le sens de nos trajectoires.

Fraternels, poussés par le même appel.
Coopération nécessaire à l’Odyssée,
Tensions de l’espèce qui se cherche.
La fin de l’enfance pour l’humanité,
Il n’y a plus qu’à franchir le pas.
Tous ensemble, à travers chacune de nos voix.
On vote avant tout à travers nos rêves,
Nos prières et nos projections.
Le reste n’est que manipulation, compromission,
Ou coopération en conscience.
Chaque jour intégrer les déséquilibres,
Embrasser la paix et ses vertiges.
Conserver à chaque frère et sœur
Leur droit à l’altérité, à la confiance et au respect.
Fraternité que l’on manipule,
Tantôt réduite en groupuscules
Montés les uns contre les autres
Pour mieux masquer la guerre qui gronde.
Les démons de l’ego ont empoisonné les esprits,
Les possédants possédés menacent la Vie.
La majorité entretient le subtil poison
De ses peurs, de ses haines et de ses divisions,
Alors que l’avarice de l’un coûte la vie de millions,

Histoire écrite par les vainqueurs
Pour les vaincus du combat sémantique.
Le combat continue
Et le Verbe souffle les proses indues.
Il suggère à l’entente la mission de l’espèce,
Le sens de son Odyssée :
Transcender les limites de sapiens en manque de sapience
Pour qu’émerge enfin une Humanité en phase avec son essence.

ML (2017)

Repose en Paix

J’écris pour demain,
Car aujourd’hui n’existe plus.
J’écris pour les étoiles,
Sur les ondes à travers le temps,
Car les interférences se multiplient
Sur les lignes de mon époque.
La vie traverse la matière,
Mais elle n’en provient pas.
Au fond de nos âmes primaires
Résonne la musique des sphères.
Qui veut la paix prépare la paix
En soi et avec les autres.
Ainsi les différences enrichissent l’expérience,
L’épanouissement de la conscience
Qui s’observe, s’incarne, et se manifeste.
Coopération subtile de la matière
Avec l’âme qui l’infuse.
J’écris pour demain,
Car aujourd’hui je sème à tout-va.
Je cherche encore de nouvelles terres
Pour y infiltrer le substrat
Des germes glanés aux quatre vents.
Demain viendra le temps de moissonner
Les fruits de la traversée,
Le temps de reposer en paix.

ML (2017)

On a le Temps

Juste un pas à franchir,
Collectivement.
A-t-on le temps ?
Combien de temps ?
Qu’est-ce que le temps ?
Un lac limpide,
A peine troublé de quelques auréoles
Ou une mer furieuse
Emportant nos peines en vagues rieuses.
Le sourire du temps,
Bienveillant, couve nos destinées.
A l’instant, vivre en conscience
Les vibrations déployées
Vers les futurs et les passés.
L’Esprit s’observe
Et organise la spontanéité.
Jaillissement à chaque instant
De l’incommensurable énergie
Soutenant les Univers.
Vertigineux déploiement de forces
Entre novas et galaxies,
Du grain de sable le plus modeste
A l’étoile la plus lointaine.
Même mes mots insignifiants
Se mêlent à l’éternel tissage de la Création.
En nos quotidiens de prison,
L’avarice érigée en vertu
Pervertit le réel en un rêve mortifère.
La majorité complice de sa propre oppression
Dresse les barrières mutilant la Raison.
L’espèce se menace de sa propre extinction.
Combien de temps ?
Combien de temps laisserons-nous
Des psychopathes prendre nos décisions ?
Quand cesserons-nous de laisser leurs mirages
Polluer nos esprits et nos visions ?
Seule l’unité de l’espèce
Offre un potentiel de rémission.
Sinon, la chute sera sévère
Et l’espèce en régression.
Et encore, à une condition,
Celle de survivre aux démons
Qu’elle a elle-même engendré.
Nous avons créés les monstres de l’abîme
Qui guettent nos destinées
Et stimulent nos limites.
Pour cela, chacun est libre
De les terrasser en lui-même,
De briser les mirages et le temps,
Par expérience.
On a toujours le temps pour vivre l’éternel…
ML (2017)

Escalade

Par chance le chemin était sinueux,
Si bien qu’on pouvait s’y perdre avec aisance.
Par bonheur le brouillard était lumineux
Dévoilant ses mystères à tâtons avec clémence.

Gravissant la montagne,
Je me laissais griser par ses creux subtils,
Ses panoramas sans mot où tout est dit.
Je quittais les chemins balisés
Pour déposer mes traces éphémères
En quelque point de l’univers.

De là, mes songes se mêlèrent aux rivières
Pour s’en aller danser dans les mers de l’Odyssée.
Par chance l’orage grondait
Pour rappeler l’âme au secours de l’humilité.
La peur est mauvaise conseillère,
A l’inverse de la confiance en la vie et sa bonté.

Des tempêtes passagères en chacun
Aux ouragans des guerres, des esclavages
Et des souffrances,
Seule la confiance du voyant
Permet d’apprendre et non de sombrer.

On pensera les blessures,
Elles sont nombreuses,
Mais on est déjà arrivé
A l’aboutissement de siècles,
De millénaires d’ascension,
A la racine de l’éternité.

ML (2016)