On a le Temps

Juste un pas à franchir,
Collectivement.
A-t-on le temps ?
Combien de temps ?
Qu’est-ce que le temps ?
Un lac limpide,
A peine troublé de quelques auréoles
Ou une mer furieuse
Emportant nos peines en vagues rieuses.
Le sourire du temps,
Bienveillant, couve nos destinées.
A l’instant, vivre en conscience
Les vibrations déployées
Vers les futurs et les passés.
L’Esprit s’observe
Et organise la spontanéité.
Jaillissement à chaque instant
De l’incommensurable énergie
Soutenant les Univers.
Vertigineux déploiement de forces
Entre novas et galaxies,
Du grain de sable le plus modeste
A l’étoile la plus lointaine.
Même mes mots insignifiants
Se mêlent à l’éternel tissage de la Création.
En nos quotidiens de prison,
L’avarice érigée en vertu
Pervertit le réel en un rêve mortifère.
La majorité complice de sa propre oppression
Dresse les barrières mutilant la Raison.
L’espèce se menace de sa propre extinction.
Combien de temps ?
Combien de temps laisserons-nous
Des psychopathes prendre nos décisions ?
Quand cesserons-nous de laisser leurs mirages
Polluer nos esprits et nos visions ?
Seule l’unité de l’espèce
Offre un potentiel de rémission.
Sinon, la chute sera sévère
Et l’espèce en régression.
Et encore, à une condition,
Celle de survivre aux démons
Qu’elle a elle-même engendré.
Nous avons créés les monstres de l’abîme
Qui guettent nos destinées
Et stimulent nos limites.
Pour cela, chacun est libre
De les terrasser en lui-même,
De briser les mirages et le temps,
Par expérience.
On a toujours le temps pour vivre l’éternel…
ML (2017)

Escalade

Par chance le chemin était sinueux,
Si bien qu’on pouvait s’y perdre avec aisance.
Par bonheur le brouillard était lumineux
Dévoilant ses mystères à tâtons avec clémence.

Gravissant la montagne,
Je me laissais griser par ses creux subtils,
Ses panoramas sans mot où tout est dit.
Je quittais les chemins balisés
Pour déposer mes traces éphémères
En quelque point de l’univers.

De là, mes songes se mêlèrent aux rivières
Pour s’en aller danser dans les mers de l’Odyssée.
Par chance l’orage grondait
Pour rappeler l’âme au secours de l’humilité.
La peur est mauvaise conseillère,
A l’inverse de la confiance en la vie et sa bonté.

Des tempêtes passagères en chacun
Aux ouragans des guerres, des esclavages
Et des souffrances,
Seule la confiance du voyant
Permet d’apprendre et non de sombrer.

On pensera les blessures,
Elles sont nombreuses,
Mais on est déjà arrivé
A l’aboutissement de siècles,
De millénaires d’ascension,
A la racine de l’éternité.

ML (2016)