Friends

So many friends in my heart,
I feel the beat.
It’s not that I’m high,
It is real.
Some I never met,
Some I may forget.
They’re all a piece of my soul.
Some I left yesterday,
Some I’ll meet tomorrow.
They’re all shining mirrors.
So many friends on my way,
I will keep running.
It’s not that I escape,
It’s that I’m alive
And share the source of experience
With all my brothers and sisters.

ML (2017)

Le Feu de l’Aimé

Le son m’enveloppe,
La mélodie m’invite
A franchir une étape
Intérieure et invisible.
Partager l’essence,
La présence silencieuse.
Le cœur sur sa lancée,
Elan subtil et invincible
De la conscience éveillée,
Elargit le champ de l’indicible
Et s’incarne dans le feu de l’aimé.

ML (2017)

For Amelia

Once upon a child,
I was awaken by a small voice.
It was 5AM and the voice said:
Papa, papa, it’s light already.
I would have tried to sleep again,
But got suddenly mistaken
For a horse, a pillow, and a trampoline.

One upon a child,
I was walking in the street
And a small voice told me:
I’m tired, I can’t walk anymore…
But she swiftly started running.
Some say truth comes from children’s mouth,
But I doubt there is a dragon in the park
Or a squirrel riding a bike.

Once upon a child,
It was lunch time
And I made spaghetti bolognaise.
Then, a small voice told me:
I don’t like it, I won’t eat it,
I want long pasta
Wiht tomato sauce and meat.

Once upon a child,
Soap bubbles were the entrance
Of a fantastic wonderland
Where you clap and dance,
And spill the bottle on the floor.
Each new word would lead to a new song,
Each new song raising new questions:
Why the sky is blue and fish living in water?
Why do I need to sleep
And why not dance for ever?
Why do you need to work
Instead of playing with me?
Why to make it so complicated?
Just take money from the cash machine!

Once upon a child,
A bookshelf would be a scary monster
Spreading its shadows over the room.
A bed time story would never be enough,
Neither two, nor three…
When all is dark, silent, and you ready to sleep,
You would urgently need to pee, to drink,
To hug and get another story.
I would be tired, expecting the evening,
But I would hug you and stay the time you need.
I love you…

ML (2017)

Libération

Libération progressive de l’éphémère,
Les peurs se diffusent en volutes vulgaires.
Confiance en l’instant, éternité,
Confiance de l’enfant éveillé.
Le futur n’existe pas,
Quelqu’un aurait-il oublié ?
Cueilleur chaque moment
Comme si c’était le dernier.
Saluer l’Ego, le laisser derrière soi
Pour embrasser le Soi.
Chaleureuse demeure des âmes,
Virevoltantes rumeurs au-delà de la toile.
Araignées subtiles maillent le visible
Et étouffent nos recours à l’indicible.
Leur poison s’infuse dans les veines de sapiens :
Toiles de matière et d’informations,
Tendance à la centralisation.
Veuve noire tue les Hommes qui la fécondent
De leur entrain et leur créativité,
De leurs peurs et leur insatiété.
La faim de matière éphémère
Donne consistance au poison
Mais nos envols vont bien au-delà de ces pièges.
Il n’est pas de limite à l’infini.
Seul l’arrogant et le feignant
Peuvent se contenter d’un illusoire cocon.
Ainsi se répand le poison
Plutôt que l’espérance,
Le cynisme plutôt que la Joie,
La souffrance et non la Grâce.

ML (2017)

Les lumières de la nuit

Les lumières de la nuit
M’invitent à l’expression;
Du brouillard de l’esprit
Emerge une claire vision.

Celle d’une étendue infinie
Où se porte la conscience,
Repoussant encore les limites
Que nous proposent les sciences.

Celle d’un absurde
Qui satisfait la raison
Mieux que le tumulte
Constant des informations.

Celle d’une solitude
Comme meilleure compagne;
Elle qui pousse à l’étude
Des profondeurs de nos âmes.

Les lumières de la nuit
Eclairent mes journées,
Lorsqu’un rien de féerie
Surprend l’éternité.

ML (2017)

On a le Temps

Juste un pas à franchir,
Collectivement.
A-t-on le temps ?
Combien de temps ?
Qu’est-ce que le temps ?
Un lac limpide,
A peine troublé de quelques auréoles
Ou une mer furieuse
Emportant nos peines en vagues rieuses.
Le sourire du temps,
Bienveillant, couve nos destinées.
A l’instant, vivre en conscience
Les vibrations déployées
Vers les futurs et les passés.
L’Esprit s’observe
Et organise la spontanéité.
Jaillissement à chaque instant
De l’incommensurable énergie
Soutenant les Univers.
Vertigineux déploiement de forces
Entre novas et galaxies,
Du grain de sable le plus modeste
A l’étoile la plus lointaine.
Même mes mots insignifiants
Se mêlent à l’éternel tissage de la Création.
En nos quotidiens de prison,
L’avarice érigée en vertu
Pervertit le réel en un rêve mortifère.
La majorité complice de sa propre oppression
Dresse les barrières mutilant la Raison.
L’espèce se menace de sa propre extinction.
Combien de temps ?
Combien de temps laisserons-nous
Des psychopathes prendre nos décisions ?
Quand cesserons-nous de laisser leurs mirages
Polluer nos esprits et nos visions ?
Seule l’unité de l’espèce
Offre un potentiel de rémission.
Sinon, la chute sera sévère
Et l’espèce en régression.
Et encore, à une condition,
Celle de survivre aux démons
Qu’elle a elle-même engendré.
Nous avons créés les monstres de l’abîme
Qui guettent nos destinées
Et stimulent nos limites.
Pour cela, chacun est libre
De les terrasser en lui-même,
De briser les mirages et le temps,
Par expérience.
On a toujours le temps pour vivre l’éternel…
ML (2017)

Escalade

Par chance le chemin était sinueux,
Si bien qu’on pouvait s’y perdre avec aisance.
Par bonheur le brouillard était lumineux
Dévoilant ses mystères à tâtons avec clémence.

Gravissant la montagne,
Je me laissais griser par ses creux subtils,
Ses panoramas sans mot où tout est dit.
Je quittais les chemins balisés
Pour déposer mes traces éphémères
En quelque point de l’univers.

De là, mes songes se mêlèrent aux rivières
Pour s’en aller danser dans les mers de l’Odyssée.
Par chance l’orage grondait
Pour rappeler l’âme au secours de l’humilité.
La peur est mauvaise conseillère,
A l’inverse de la confiance en la vie et sa bonté.

Des tempêtes passagères en chacun
Aux ouragans des guerres, des esclavages
Et des souffrances,
Seule la confiance du voyant
Permet d’apprendre et non de sombrer.

On pensera les blessures,
Elles sont nombreuses,
Mais on est déjà arrivé
A l’aboutissement de siècles,
De millénaires d’ascension,
A la racine de l’éternité.

ML (2016)