Libres

Nous sommes réinventés à chaque journée,
Bercés sur le fil du temps par une impression d’attente :
Comme si la clé des futurs se tenait à portée.
Mais c’est au présent que l’on se déploie,
Rendant grâce à la nouvelle brise,
Au feu du renouveau permanent.
A chaque respiration,
Changer le monde de bas en haut et de haut en bas.
Perturber la vase ignorante des surfaces
Pour que scintillent les diamants des profondeurs.
Le soleil intérieur illumine chaque regard de sa bonté
Pour brûler les rancœurs et le superflu…
Laisser-aller intérieur, loin du tumulte des surfaces,
Poursuivre le chemin sans impasse.
En confiance dépasser les conflits qui rongent l’espèce.
En paix, sentir en chaque goutte fragmentée
Le goût suave de la mer éthérée.
Pas à pas cultiver la bienveillance et la piété,
Même les faux pas aident à s’élever…
Il est futile de viser quelconque perfection,
Alors qu’une subtile complexité invite nos sens à la méditation.
Prendre le risque du temporel, du charnel, et même de l’accessoire.
Vivre les leçons de nos expériences, cultiver les terres de nos mémoires.
Raconter notre histoire avec conviction et humilité,
Pardonner les tensions voire la stupidité.
Nous sommes réinventés à chaque journée,
Un jour sage, un jour stupide.
Ce serait dommage de s’arrêter,
Nous sommes libres de transcender le vide.

ML (2017)

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Vacance

Voici venu le temps des vacances,
Vacance pour l’esprit, repos salutaire.
La légèreté des jeux,
Les caresses du soleil.
Se divertir pour ne pas subir,
En suspens pendant un temps.
Le monde se déploie à toute vitesse,
Course frénétique fatigue les sens
Et détourne de l’essence.
Voici venu le temps du silence,
Restructuration de l’esprit,
Respiration et oubli.
Recentrage au milieu des pillages,
Conscience redessinée
Au cœur des ombres
Qui attaquent l’âme de leurs étaux.
Erreurs de jugement, noyades sans pareil,
Errements sur les landes confuses.
Il fait froid et le vent souffle sur les plaines.
D’où provient cette blessure profonde
Que rien ne saurait guérir ?
Au moindre écart de conscience,
Elle se rappelle à l’entente.
Les plaies multiples rejaillissent
Depuis des profondeurs oubliées,
Celles que l’on pensait avoir dompté.
Nous sommes bien fragiles en fait,
Puisque de rien à rien tout change.
Nous sommes bien faibles en effet
Puisque la volonté nous dérange
Et le laisser faire nous perturbe.
Libre-arbitre infirme,
Voilé par les automatismes ;
Grâce de l’infini
Réactualisée à chaque silence.

ML (2017)

Friends

So many friends in my heart,
I feel the beat.
It’s not that I’m high,
It is real.
Some I never met,
Some I may forget.
They’re all a piece of my soul.
Some I left yesterday,
Some I’ll meet tomorrow.
They’re all shining mirrors.
So many friends on my way,
I will keep running.
It’s not that I escape,
It’s that I’m alive
And share the source of experience
With all my brothers and sisters.

ML (2017)

Le Feu de l’Aimé

Le son m’enveloppe,
La mélodie m’invite
A franchir une étape
Intérieure et invisible.
Partager l’essence,
La présence silencieuse.
Le cœur sur sa lancée,
Elan subtil et invincible
De la conscience éveillée,
Elargit le champ de l’indicible
Et s’incarne dans le feu de l’aimé.

ML (2017)

For Amelia

Once upon a child,
I was awaken by a small voice.
It was 5AM and the voice said:
Papa, papa, it’s light already.
I would have tried to sleep again,
But got suddenly mistaken
For a horse, a pillow, and a trampoline.

One upon a child,
I was walking in the street
And a small voice told me:
I’m tired, I can’t walk anymore…
But she swiftly started running.
Some say truth comes from children’s mouth,
But I doubt there is a dragon in the park
Or a squirrel riding a bike.

Once upon a child,
It was lunch time
And I made spaghetti bolognaise.
Then, a small voice told me:
I don’t like it, I won’t eat it,
I want long pasta
Wiht tomato sauce and meat.

Once upon a child,
Soap bubbles were the entrance
Of a fantastic wonderland
Where you clap and dance,
And spill the bottle on the floor.
Each new word would lead to a new song,
Each new song raising new questions:
Why the sky is blue and fish living in water?
Why do I need to sleep
And why not dance for ever?
Why do you need to work
Instead of playing with me?
Why to make it so complicated?
Just take money from the cash machine!

Once upon a child,
A bookshelf would be a scary monster
Spreading its shadows over the room.
A bed time story would never be enough,
Neither two, nor three…
When all is dark, silent, and you ready to sleep,
You would urgently need to pee, to drink,
To hug and get another story.
I would be tired, expecting the evening,
But I would hug you and stay the time you need.
I love you…

ML (2017)

Libération

Libération progressive de l’éphémère,
Les peurs se diffusent en volutes vulgaires.
Confiance en l’instant, éternité,
Confiance de l’enfant éveillé.
Le futur n’existe pas,
Quelqu’un aurait-il oublié ?
Cueilleur chaque moment
Comme si c’était le dernier.
Saluer l’Ego, le laisser derrière soi
Pour embrasser le Soi.
Chaleureuse demeure des âmes,
Virevoltantes rumeurs au-delà de la toile.
Araignées subtiles maillent le visible
Et étouffent nos recours à l’indicible.
Leur poison s’infuse dans les veines de sapiens :
Toiles de matière et d’informations,
Tendance à la centralisation.
Veuve noire tue les Hommes qui la fécondent
De leur entrain et leur créativité,
De leurs peurs et leur insatiété.
La faim de matière éphémère
Donne consistance au poison
Mais nos envols vont bien au-delà de ces pièges.
Il n’est pas de limite à l’infini.
Seul l’arrogant et le feignant
Peuvent se contenter d’un illusoire cocon.
Ainsi se répand le poison
Plutôt que l’espérance,
Le cynisme plutôt que la Joie,
La souffrance et non la Grâce.

ML (2017)

Les lumières de la nuit

Les lumières de la nuit
M’invitent à l’expression;
Du brouillard de l’esprit
Emerge une claire vision.

Celle d’une étendue infinie
Où se porte la conscience,
Repoussant encore les limites
Que nous proposent les sciences.

Celle d’un absurde
Qui satisfait la raison
Mieux que le tumulte
Constant des informations.

Celle d’une solitude
Comme meilleure compagne;
Elle qui pousse à l’étude
Des profondeurs de nos âmes.

Les lumières de la nuit
Eclairent mes journées,
Lorsqu’un rien de féerie
Surprend l’éternité.

ML (2017)