Doux aveux

Doux aveux

J’habite une contré qui m’intrigue, là où l’innocence a perdu sa place. Cette valeur tant répandue est devenue menace. Monde de méfiance où chacun se juge ; sous ma chair de défiance, mes veines s’insurgent. L’ambition mène les dérisoires au mal-être et les passions se décorent de paraître. Une compétition sans vainqueur s’est engagée en cette contrée, dans laquelle s’efface l’honneur. Mes visions semblent déplacées au sein d’un peuple perdu à rebours. Les horizons tremblent sous les appels au secours.

Parfois me passe l’envie de comprendre ; tout est si simple quand on aime… Je ne parle pas seulement de l’amour pour les femmes, ni même pour une femme, mais d’un amour pour la vie entière. La haine transpire sans doute par moments de mes pensées, mais je refuse de la tromper. Elle est sincère et seul l’amour la motive. Fort heureusement, un Univers est solidement construit dans ma tête ; inconsciemment j’y ais chassé toute pensée funeste. Alors il me plaît et je l’aime ; il est à moi et je le sème.

Dans ma contrée, il semble souvent insignifiant et d’absurdes vérités brisent cet aimant. Il m’attire pourtant tellement que je ne veux plus lui résister. Je m’enivre de ce vent de bonté et les sourires savent me rencontrer. J’ose me dévoiler quitte à paraître fou ou stupide. J’ose me condamner à comparaître au tribunal des insipides. Je suis un grand naïf et je voudrais tant que ma contrée ressemble à l’univers de mon esprit. Pour cela je suis fautif, car il est évident que l’ensemble de mes pairs est en vie.

Je n’ai pas à juger, je n’ai rien à dire et pourtant, il m’est impossible de me taire. Mon cœur brûle, mes veines bouillonnent et ces flammes sont bien celles d’un enfer. Celui que les Hommes ont construit dans leur démesure, là où seul leur ego les rassure encore un peu. Mais bon sang, j’ai dans ma tête un paradis et chacun le rêve à sa manière. Peut-être est-ce celui de la folie, mais il sait au moins me satisfaire. Alors j’étale sur papier ma rancœur, je ravale ma nausée et crache mon honneur. Je ne suis rien, voila tout, mais j’en suis fier.

Fier, terriblement fier de n’avoir qu’à regarder les étoiles pour me sentir si petit. Fier, terriblement fier, que l’Histoire ne gonfle mes voiles pour maudire autrui. Je ne suis qu’un Homme et mes sens parfois dérangent mes pensées, mais j’assume les limites de mon acuité. Je ne comprendrais jamais tout, mais puis-je ne pas oublier l’essentiel. Nous sommes tous dans un trou et si désireux de nous porter au Ciel. Alors nombreux comblent leurs aspirations par d’obscures passions. Certains dans la domination rassurent leurs ambitions, les malheureux. D’autres baissent les bras et acceptent le joug de leurs bourreaux. Puissent-ils presser le pas et ne pas moisir dans un étau.

Qu’ils soient dominants ou dominés, puissent-ils se libérer des fers de leurs envies, puissent-ils réaliser qu’ils sont frères dans le même ennui. Celui de la vie qui pose ses questions et masque nos réponses. Celui de la mort qui vient sans raison et traque l’espérance. Et pourtant, la mort aussi je l’aime, car la fin est pour tous la même. Mais dans ma contrée, cette simple réponse ne suffit pas à convaincre les Hommes de leur égalité.

Alors j’espère, je m’exprime et transpire ce qui m’anime. J’habite une contrée qui parfois me lasse, mais connais une vallée qui la surpasse. Nous sommes nombreux à nous y rendre et tous désireux de la répandre. Qui aime se suive lui-même sur les chemins tortueux qui mènent aux doux aveux…

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